lundi 16 novembre 2009

Au nom de la rose…

Les prières au poing et la marmaille au cœur
Nous partons en ce jour en réponse à l’Appel
L’âme tibétaine l’esprit pacifiste et sauveur
Poser les drapeaux blancs devant les trains cruels

Nous partons le cœur chaud et léger
Au bord des routes de France et du monde
Nous partons avec honneur et loyauté
Remplir les greniers que les enfants sondent

Nous allons par les chemins et les maquis
À l’heure où sont hissés les drapeaux rouges
Sauver les Républiques et les démocraties
Nous allons sauver les lèvres qui bougent

Nous partons le cœur lourd de connaissances
Des mots torture fusillade canons condamnations
Dire à ces derniers dictateurs notre science
Et souffler jusques aux abîmes la sous-nutrition

Nous allons en sauveurs déterminés et savants
Dire l’Éthique la Justice la Paix et la Philosophie
À ces faiseurs de morts et d’enfants mourants
Nous allons avec les oreilles de la Raison et de la Vie

Donner à La Terre la promesse pour l’Avenir
De l’apparition et de la découverte des espèces
Nous allons lui promettre de ne la faire mourir
Nous allons pour ses trésors et ses prouesses

Lui rendre son éclat ses couleurs et nous y adapter
Ne nous rendant ni son maître ni son bourreau
Nous allons selon les comètes et les voies lactées
Lui promettre les talents d’un vannier pour le berceau !

Nous allons peindre partout et sur la toile informatique
En semant en cultivant les graines de connaissance
Les jardins de fleurs et les cultures que l’on pratique
Et la Juste économie qui se prénomme Décroissance

Nous allons pour l’Équilibre d’une Juste Répartition
Tenir ensemble la plume qui inscrira le Plaidoyer
Qui prouvera que pour la Terre et pour les Nations
Doivent devenir plus que des espoirs nos actes rêvés

Car quand on espère en s’en remettant peureux
À croire qu’au-dessus de nous meneurs et tartempions
Sauront trouver bouées canots de sauvetage et solutions
C’est bien un leurre disent les penseurs et c’est honteux

De croire que la Relance de croire que la Croissance
Sont autre chose que des Bombes et des diffamations
À tous les peuples qu’ils soient ailleurs ou bien la France
Et que quand meurt l’enfant c’est leur Affront

À ces bourses tueuses à ces tyrannies économiques
À ces tronçonneuses à ces brûleuses de forêts innocentes
Et qui font durer l’Infamie la soif et la Famine en Afrique
Comme ailleurs dans le monde où se meurent les Atlantes

Nous partons par les villes du monde et par les champs
Nous partons par encres par paroles et par navires
Nous partons au combat et prononçons unanimement
Que seules la Liberté et la Vie doivent Advenir !

jeudi 12 novembre 2009

LIBERTÉ

Liberté qu’on appelle du bout du Cœur
Et qu’on peint avec du blanc et des couleurs
Liberté qu’on tient par la main sur le chemin
Et qu’on crie ou qu’on écrit parfois en vain

Liberté est une fleur sauvage est un bijou
Liberté est un ruisseau sur la haute montagne
Liberté aussi et surtout dans les salons acajou
Liberté réelle ou rêvée autrefois en Allemagne

Liberté qu’on veut tant quand on ne l’a plus
Liberté qu’on souhaite à ceux qui sont enchaînés
Liberté Ton Nom est mêlé à l’océan et bien plus
Encore pour nous tous j’écris Ton Nom Liberté

Liberté par delà les murs et les murailles austères
Liberté pour tous les pays pour toutes les patries
Liberté sur le mur des lamentations naguère
Liberté à Kaboul à Moscou à Pékin et à Paris

Liberté dans le miaulement d’un chat ou la caresse
Du tigre ou dans les baisers de nos mères amour
Dans les contrées des passions et des paresses
Liberté par la fenêtre comme un soleil alentour

Liberté sur un cahier dans la pierre et sur la Terre
Liberté au petit jour et au grand jour et puis toujours
Liberté ma chère complice mon grand mystère
Liberté délicieuse comme ces croissants au four

Liberté enfant au nid étoile au ciel soleil au jour
Liberté oiseau migrateur oiseau discret oiseau joli
Liberté dans le grenier ou cette haute Tour
Liberté née de l’amour née de toujours née un jeudi

Liberté au siècle ci l’année passée demain et vendredi
Liberté Robinson Crusoé Liberté hêtre millénaire
Liberté dans chaque geste dès l’aurore et le lundi
Liberté contre les chaînes contre l’acier contre le fer

Liberté ciel étoilé en toutes saisons en tous pays
Dans tous les cœurs amoureux dans toutes les âmes
Liberté pour nos frères et nos sœurs pour nos amis
Liberté qu’on appelle tout haut ou tout bas et qu’on réclame

Liberté, sable fin et cocotiers
Liberté, pain chaud et puis café
Liberté, printemps, été
Liberté, enfance, félicité.

PRÈS DU SENTIER

Ce matin près du sentier des écoliers
Une rose à poussé elle était rouge
J'ai alors reconnu que notre amitié

Était devenue un amour sans limite

Désormais c'est ton parfum qui m'habite
Et tu es mon alcool profond et ennivrant
Comme aujoud'hui tout va moins vite

L'hiver met entre nous deux flocons blancs

Ce matin près du sentier des écoliers
Un messager est passé il était ivre
Ivre de voir la rose près du sentier
Il mit nos noms dans un vieux livre

Ce matin près du ruisseau des écoliers
J'ai sifflé un air que tu connaissais
Pour qu'enfin sur le vieux livre relié
Apparaisse la rose qui était rare et qui est rouge

Ce matin tout a recommencé
Et comme je voulais t'enlacer
La rose s'est ouverte et a fané
Puis notre amour s'est envolé

Il vole toujours notre amour elle refleurira la rose
Il tourne encore le soleil elle reviendra la lune

Il dort toujours le grand vent il s'apaisera le mistral
Elle t'attend ma Provence elle t'appelle ma Patrie

Ce matin une rose a fleuri elle était rouge
Ce matin un ruisseau est né et il s'écoule
Dans ton coeur l'oiseau vole et l'oiseau bouge
Tes yeux se lèvent parmi les brumes
- Ton rire s'élève parmi la foule

mercredi 11 novembre 2009

Rose

Cette prose rose aux épines rouge et odorante
Effleure l’océan et croque une pomme sucrée
Cette prose où vivront Nietzsche et Dante
Passe dans le vent par la montagne dentelée

Et je joue de la flûte près du cormoran et la grive
La forêt est trempée et les mots s’amoncèlent
Plus haut craquant immortel passe le givre
Et Paris l’ensorceleuse arbore sa tour Eiffel

Dans l’Italie d’un cri mireur le crépuscule passe
Et sereine italique l’orthographe s’ajuste
Joueur de luth l’indien sur la prose trépasse
Et j’entends l’ardeur des combats de la petite Prusse

Dans l’hiver qui soumet les accents au glacial
Un capitaine fait sur le radeau des pas médusés
Cependant qu’on jette à l’eau le cadavre de l’amiral
Et la mer qui s’étonne voit la nuit s’amuser

Les tréfonds d’un abîme dans l’aurore morcelé
Passent sur les flots d’un ruisseau orphelin
Que le Temps qui s’écorche amènera jusqu’aux blés
Noyés de sang d’une Patrie sans lendemain

Les ténors de concert avec les vins craquants
Passent sur la ville en crevant les toits solides
Et sur le ciel qui jubile à mordre les étoiles de haut rang
L’ivresse est un mets fade dans un jeu livide

Haleuse d’écumes la danseuse dans les terres arides
Souffle au cactus de s’écouler en de longs sanglots
Cependant que le juvénile voit venir sa première ride
Et qui se reflète dans les millénaires de tous les flots

À l’apogée de cette prose et à son crépuscule
Les yeux et les sens cherchent peut-être une branche
Au bord ou au milieu d’une falaise en recul
Et la rose aux épines fleurit dans le cœur en un seul sens.

mardi 10 novembre 2009

Cigarette

Sale petite cigarette
Qui nous met à sa conquête
Tabac blond du matin
Qu’on a entre les mains

Ils me disent « arrête »
Mais j’ai besoin d’une cigarette
La raison en est abstraite
Faisons lui une retraite

À cette maudite cigarette
Qui ne fait que de du mal
Cette petite tige pauvrette
Est l’accusée de mon tribunal

Petit massacre quotidien
Emprise mauvaise et sournoise
Que l’on tient par la main
Drôle de fumée grivoise

Ne commence jamais
Enfant de la dernière pluie
Ou bien elle te tuerait
Toujours la même manie

À toi méchante cigarette
Je promets de bientôt
Ne plus faire la fête
De te mettre sur l’échafaud

Maudite tige pauvrette
Qui mena le chanteur à Sète
Pardon c’était la bouffarde
Idem ! Je rencarde !

Meilleur est le cigare
À qui aussi je crie Gare !
Dans la nuit ce petit phare
Mortel, sauf au regard !

Arrête, fumeur, arrête
Elle est tueuse, la cigarette
Arrête, fumeur, arrête !
Car elle ne t’allaite !

Souvenir du sein, sucion
Elle est moins douce,
C’est un poison !
Elle t’attire, elle te pousse

La maudite, la mortelle
Et qui pue, par surcroît !
La maudite, la cruelle
Et en elle, quoi ? La foi ?

S’il est temps, arrête
Maudit tabac, fumée du diable
Maudite cigarette
Qui là m’accable !

Mémoire

Qu’est devenue ma mémoire
Perdue entre le fer et les saisons
Elle s’approche d’une nouvelle histoire
Et j’ai retrouvé ma raison

Qu’est devenue ma mémoire
Où sont passées les connaissances
Que j’avais acquises matin et soir
Me guidant sur le chemin de l’essence

Où sont passés mes souvenirs
D’aucuns là, tout proches, à porté de main
Et d’autres qui commencent à périr
Où à s’égarer hors du chemin

Qu’est devenue ma mémoire
Et quel est ce vide qui m’atteint
Est-ce à trop regarder, à trop voir
Le soleil que l’on perd son latin

Qu’est devenue ma mémoire
Au fil du temps, par la folie
Et ces poèmes que j’aimais boire
Durant le jour, jusqu’à la lie

Où sont passés mes souvenirs
Glanés au fil des jours, des parcours
Et les poètes que j’aimais lire
Où sont passés mes amours

Qu’est devenue ma mémoire
Sous une pluie mystique
Tissée de satin et d’ivoire
Dans le silence et la musique

Qu’est devenue ma mémoire
De ces jours autrefois mythiques
Est-elle un mythe fait de noir
Ne peut-elle retenir le frénétique

Où sont passés mes souvenirs
Oh dis-moi-toi la Lune
Par où passe le doux zéphyr
Des souvenirs dis moi Neptune

Qu’est devenue ma mémoire
Perdue dans les déserts, les océans
Au fond d’un fleuve, lequel ? La Loire ?
A-t-elle regagné les cieux, le firmament ?

Qu’est devenue ma mémoire
De ces jours de vie à l’ivresse
Soleil, juste pout voir
Dis-moi si je la délaisse

Où sont passés mes souvenirs
Là, dans ce journal, ce livre d’école ?
Au fond du grimoire, près de la lyre ?
Perdue jadis, par une caresse, caresse folle ?

Qu’est devenue ma mémoire
Eh ! Chère passante, n’as-tu pas vu
Défiler mes souvenirs, je veux y croire
C’était bien eux, à peine aperçus ?

Qu’est devenue ma mémoire
Eh ! Mes frères, mes amis
Quelle fête, n’est-ce pas ? Quelle foire !
Comme de l’or, sur un tamis

Où sont passés mes souvenirs
Les heures de gloires ? Les réussites ?
Et puis Lucie, et son sourire
Est-ce le néant, désormais, qui m’habite ?

Qu’est devenue ma mémoire
Elle s’approche, à pas de velours
Ou en requin, pour les heures noires
Ou en colombe, au petit jour

Qu’est devenue ma mémoire
Eh ! Les mouettes, les goélands !
L’avez-vous vue, bon sang de bonsoir
À feu, à sang

Où sont passés mes souvenirs
Renarde, louve, vas-tu me les rapporter ?
Ou sont passés mes souvenirs
Renarde, Louve, dans un baiser ?

J’ai trouvé le repos et des traces de toi
Ma chère mémoire, mon bon souvenir
Et le temps fait sa loi
Il me ramène le doux zéphyr

Des souvenirs distillés, vinifiés
Affinés, portés en paradis
Il me ramène les saisons mélangées
Dans un panier de roses serti.

lundi 9 novembre 2009

Écrire

Ecrire est donc un acte ad vitam, ou ad aeternam. Cela ne s’arrête jamais. On veut s’arrêter, et l’esprit reprend, la plume nous démange. Ainsi je vois qu’il m’est presque impossible de m’arrêter : la poésie ne me laisse de vacances que si je continue de la nourrir et m’en nourrit. Je pensais qu’il était possible de s’arrêter, comme cela, du jour au lendemain. Mais, toujours assez régulière, l’écriture reprend son cours dès lors qu’elle trouve un espace pour elle.

Et encore aurais-je épuisé tous les dictionnaires qu’encore les mots m’appelleraient à être répétés, inlassablement, sous toutes les formes, dans toutes les langues. On ne s’arrête jamais. Je disais « vous ne me lirez plus » et puis Maître Plume me rappelle que l’abandon est impossible : toujours le soleil, ou la lune, ou les arbres ou les étoiles voudront que je parle d’eux, toujours il y aura un poème à écrire, une chanson à inventer, une prose à relire, un travail à continuer.

C’est ainsi sans doute que l’on apprend le métier : on palpe d’abord les possibilités, et puis l’on expérimente les limites. S’il en est. L’encre qui coule assoiffe l’esprit de connaissance. La littérature est généreuse pour peu que l’on soit généreux avec elle. Elle rappelle sans cesse l’esprit distrait à un moment de travail, et transforme la paresse en passion.

Elle rapproche l’humain des étoiles, des dieux, et rend le soleil curieux de la vie de l’auteur : habile, il écarte les nuages pour jeter un coup d’œil au destin des poètes, au cours de la journée, puis dans la féérie crépusculaire laisse place à l’immensité de la nuit, cette « danseuse amoureuse » où la ronde de la lune fait deviner les mélodies immortelles.

La poésie m’a éveillé à la conscience des parfums, elle m’a fait tout voir et tout accepter, j’ai compris en passant où le langage était vierge ce que pouvait être l’âme humaine, non pas avec des bons et des mauvais, mais des hommes et des femmes qui suivent un chemin et agissent selon des enseignements, des croyances, des ignorances aussi, mais que même les monstres ont un jour aimé quelque chose que la Nature leur faisait voir.

Il m’arrive même, « quand le soleil me parle », de penser que l’Harmonie existe, que l’Harmonie est même parfaite, même dans les souffrances qui en font partie… Quels que soient les changements, il nous est un jour possible de penser cela : il y a Harmonie dès lors que le monde existe, que le jour laisse place à la nuit, la vie à la mort, la mort à la vie, le blanc au noir ou le noir au blanc, le microcosme au macrocosme, dès lors qu’il y a changement, existence des opposés, dès lors qu’il y a la parole et dès lors qu’il y a le silence.

Sans doute est-ce le chemin des vertus, ou celui de la contemplation, qui permet d’en prendre conscience.

« Il suffira que j’aime » ; « Il en restera bien assez pour moi » disait Boris Vian, comme s’il y avait toujours, comme le rappelle aussi Eluard, de la lumière même dans l’obscurité la plus absolue.

La poésie relie le spirituel au matériel, elle fait même du spirituel avec du matériel, du matériel avec du spirituel. Et c’est pour cela que je l’ai choisie, ou qu’elle m’a élu : rapprocher les hommes de leur idéal.

Dans la nuit une lumière se rapproche. Et l’homme qui s’enfonce dans les sables mouvants aperçoit cette lumière. Il l’appelle à lui. Ce qui le rassure c’est sa conscience de l’espace temps entre la vie et la mort, entre la lumière et le sable mouvant : s’il sait qu’il sera sauvé à temps.

Il y a toujours quelqu’un qui veille, une plante à arroser, un chemin à parcourir. Mais la poésie est aussi ce que l’on ne peut exprimer, elle est même ce qui fait voir, ressentir, entendre, toucher, sentir l’inexprimable. Elle est une eau de source, pure et magique, ou l’amour en atomes tournoie et illumine. Elle écarte les maux d’estomac, les vices et les voies maléfiques où l’esprit pourrait sombrer jusqu’à la petite lumière.

Merci à vous d’avoir lu ce que je viens d’écrire : sans vous ma plume et mon âme seraient imbibées de solitude, une insupportable solitude, si difficile à apprivoiser pour moi qui l’ai tant cherchée autrefois. Merci, et à bientôt.