mercredi 10 février 2010

La Liberté quand on y pense derrière les grilles

Quelques uns portent une clé autour du cou
D’autres crient en fracassant les portes
Dans cette prison où l’on enferme les « fous »
Certains parce qu’ils sont plus sages sortent

Des noyers parsèment ces jardins gris
Arbres de la folie là où l’on veut la soigner
Et alors là-bas quand tombe la pluie
On se sent triste et un peu trop isolé

Dans nos cœurs la Liberté raisonne
Comme un espoir si durement assouvi
Et les infirmiers parfois nous assomment
D’un regard qui n’est cependant pas du mépris

Des cris et des silences parfois trop lourds
Que la solitude fait souvent croissants
Associent là en un même carrefour
Des âmes perdues dans un étrange vent

L’on prend pitié pour plus malheureux encore
Mais je me rappelle aussi à cet instant
Simplement si je dois en faire l’effort
Que parfois l’on y pense un peu aux camps

Les cours intérieures ont un grillage élevé
Qui au sommet se trouve plié comme là-bas
Il est vrai qu’il n’est pas électrifié
Mais sa présence fait penser à ce lointain trépas

Où les hommes pour une miette de pain
Se seraient battus ou écorchés vifs
Parce qu’ils n’avaient plus rien d’humain
Transformés en des animaux chétifs

Les séjours là-bas parce qu’ils sont longs
Mettent froidement à mal la dignité
De ceux qui y souffrent et y sont
Sans trop savoir pourquoi la vie les y a menés

Le cœur se sent comme dans une cage
Dont aucune humanité quand il le souhaite
Ne l’aide à faire sortir de sa rage
« C’est pire que la taule » disait assez honnête

Un homme de passage au pavillon Rousseau
Je n’en disais rien sans doute par respect
Pour ceux qui comme à l’échafaud
Se voient emprisonnés cloîtrés barricadés

J’entends encore le vent souffler entre les murs
Je vois encore la grisaille de ces bâtiments
Où décidément survivre est trop dur
Quand c’est la Liberté qu’on aime vraiment

Après cela les petites folies se font rares
L’on craint un peu les psys figure de représailles
Venus pour manier de leur froid savoir
Si c’en est un venus faire leur travail

Chacun plus encore que les hommes libres
Se trouve souvent le regard vers plus loin
Et alors quand on nous y prête un livre
Il est comme une un trésor entre les mains

L’asile qu’on y demande est alors différent
On cherche ailleurs notre salut
On essaie jadis autrefois avant
Cela dit depuis là je dois dire qu’il a plu

Que l’eau a coulé sous mes ponts de bois
Que l’eau à coulé sous mes ponts de pierre
Qu’ils sont allés ailleurs le courroux et l’effroi
Et que la vigne a peu à peu remplacée le lierre…

mardi 9 février 2010

LA LÉGENDE D’UNE TERRE

Vingt-quatre couplets pour quelques semaines encore de mes vingt-quatre ans...

J’avais vu que de beaux films montraient un univers réalisable, réalisé autrefois. Je voyais des gens tristes et blêmes, et me demandais comment leur redonner vie et rêves. Je cherchais assidûment les moyens, passant par des passages mystiques. Et j’ai vécu en essayant de la montrer la légende de ma terre natale, une légende magnifique, une légende comme une légende, comme toute légende. Tous les moyens étaient bons, j’avais trouvé un sens à ma vie, donné un horizon à mes rêves. J’avais compris ce qu’était vivre, je savais que la joie pouvait être partout si on se donnait la peine d’y parvenir. Mais c’était si loin d’eux, de leur univers, de leurs préoccupations…


On m’a dit que j’étais fou quand j’étais heureux dès le matin
Et que par les chemins j’allais vendre un peu de bonheur
Ou même le donner ils ne m’ont même pas pris pour un menteur
Je disais vrai et j’avais le bonheur entre les mains

Je parlais de fête et de poésie je parlais de ce vieux moulin
Où jadis serait aujourd’hui si l’on en voulait faire quelque chose
Je distribuais du pain au levain et je distribuais des roses
Mais leurs âmes parce qu’elles sont grises n’en voulaient rien

J’avais des versets dans la tête en voyant leur mollesse
Mais ils ne voyaient que ie dans mes actes nouveaux
Pourtant je connaissais la vie avec Cendrars Vian et Soupault
Je leur donnais je crois de la lumière mieux encore qu’une messe

Avec moi les oiseaux veillaient dès l’aurore sur les chants retrouvés
Je portais le changement comme un enfant porterait de l’or
Et j’avais dans mes valises de la magie encore et encore
Car je savais qu’un nouveau souffle pouvait tous les transporter

J’allais dès l’aube rencontrer pour en parler notre peintre commune
Et je savais simplement qu’un rêve possible m’avait mis dans son destin
Pour donner à des gens de bassesses de nouveaux parchemins
Mais ils ont tout oublié d’Atlantide des Mayas des Incas et des runes

Je savais qu’en moi comme aujourd’hui encore vivait magiquement
Une légende qui était celle des hommes avant que ne les trahissent
Avec leur condescendance tueuse avant même qu’ils ne vieillissent
Des rois imbéciles et un pouvoir corrompu fait pour les riches uniquement

Je voulais en amenant sur ces terres un peu d’idées païennes
Rendre un chant de lumière aux gens qui depuis longtemps vivent ici
Mais ne dit-on pas je voulais l’oublier que nul n’est prophète en son pays
Pourtant je savais que parfois ce proverbe est un mensonge que détiennent

Des gens qui vivent pour ne rien changer à leurs mornes saisons
Alors comme nul prophète venu d’un autre pays ne voulait leur transmettre
Je jouais de tous les instruments pour enfin rallumer ce spectre
Dont je savais en marchant qu’il leur ferait voir un nouvel horizon

Mais ces gens parce qu’ils savent surtout allumer leurs télévisions
Et que je n’avais rien de ces animateurs semeurs d’effroi et d’ignorance
Ont pensé qu’il était préférable sans que la vie ne recommence
D’attendre que je retrouve allez savoir pourquoi leur commune raison

Aujourd’hui l’on me dit « Tu te souviens quand tu étais euphorique
On t’a enfermé parce que ce n’est pas normal d’être heureux
D’être si heureux alors qu’il est tellement mieux d’être malheureux
Tu te souviens quand on t’a enfermé derrière ces briques ?

C’est la seule chose qu’on a trouvé à faire pour t’éloigner de ton Amérique
Celle des indiens et des légendes qui rapprochent de la Terre
Et donnent aux humains de cultiver en chantant leurs intimes mystères
Enfin Romain tu rêves ça ne va pas la tête qu’est-ce que tu fabriques ? »

J’ai gardé des trésors dans ma caboche pour cette terre qui n’en veut point
Fallait-il que je sois prêtre pour en indiquer sans qu’on m’enferme le chemin
S’ils savaient pour leur donner ce rêve possible que je revenais de si loin
Peut-être auraient-ils simplement accepté de ne trahir les desseins divins

Au futur peut-être comprendront-ils que ce drôle de riverain
Essayait simplement quand le Printemps faisait de nouveau son apparition
De leur dire dans son langage qu’il savait comment raviver les passions
Mais alors qu’est-ce que raconte la rumeur dans ce pays sans lendemain ?

Elle raconte sans doute qu’il était fou et qu’on n’y comprenait rien
Elle raconte sûrement sans avoir changé une minute une seule sa mouvance
Qu’ici seuls les bœufs devant ou derrière la charrue avancent
Et que l’homme doit se taire communier et prier comme un bon chrétien

Elle raconte sans doute comme toujours cette contrée de France profonde
Qu’on nait et qu’on travaille qu’on soupire et qu’on dort et puis qu’on demeure
Alors voyez-vous ici pour les enfants bien avant qu’ils ne meurent
On donne en héritage de se battre ou d’être ignorants mais du monde

On ne leur propose n’y d’essayer d’en faire le tour ou d’en connaître la parade
Et les chiens fous de la veille font aux jeunes cons du matin de viles sérénades
Le dimanche ce sont les grandes bouffes et les poussiéreuses balades
Qui font de toutes les saisons de semblables et sempiternelles malades

L’hiver est alors une prison dans une Lorraine qui ne raconte plus d’histoires
On a remplacé les cheminées d’antan par des radiateurs électriques
Et alors seuls comptent à la télévision les navets maquillés et leurs mimiques
C’est à peine si l’on sait encore que sans nuage les étoiles brillent le soir

Le printemps sait à peine leur montrer la splendeur de la vie
Et les richesses que l’argent l’or et le bronze n’ont jamais su donner
C’est à peine s’ils s’émeuvent de la magie des crocus et des cerisiers
Qui pour peu de temps sont en parfait accord avec les jupons des filles

Quand vient l’été les chanceux vont griller au soleil d’un paysage
Qu’ils abîment de leurs corps presque nus sur l’étalage de la bêtise
Quelques uns cependant vont se rendre comme par surprise
En Italie visiter dans Venise les ruisseaux où le cœur parfois est plus sage

Et l’automne aura beau enchanter quelques cœurs poétiques
À la beauté des arbres qui se déshabillent viendront se coller insolents
Le retour de l’école et la pluie de septembre qui rend tout oppressant
Et s’amène par coutume blesser l’âme toujours jeune des rayons prophétiques

Je voulais en ce temps là emporter avec moi pour ne pas être lâche
Celles et ceux qui comprennent qu’aujourd’hui nous sommes libres
Et laissons dans l’oubli qu’en nous ardente et vivante se trouve cette fibre
De lumière immense que la modernité cette pieuvre imbécile parfois gâche

Mais j’ai vu aussi quand on veut faire la morale à certaines habitudes
Que la colère monte et que rejaillit mille fois un cynisme mercantile
Avait-il compris Robinson solitaire quand il était sur son île
Qu’on ne peut quand on rêve empêcher du reste la Toute Savante Décrépitude

Avait-il compris en s’imprimant bienheureux dans de si nombreux livres
Qu’il était plus prudent de faire bouger la plume pour faire bouger les vies
Que de discourir et d’agir en marchant car trop peu s’en soucient
Avait-il compris qu’au prophète le monde se fait parfois comme une hydre ?

Je sais encore un peu le potentiel féérique de cette contrée si pauvre
Et j’aurais voulu donner avant de la quitter pour une autre plus chaude
Un peu de ces couleurs qui passaient par moi et le soir et à l’aube
Mais voyez-vous le monde n’a jamais demandé qu’on le sauve !

vendredi 5 février 2010

ITALIE

S’il m’était donné de conter l’Italie d’un voyage
J’en parlerais comme de la cité d’une vie entière
Où les chants parfument les doux ramages
D’une âme accompagnée qui s’y aventurait hier

Oh l’Italie c’est le temps d’un étrange fromage
Que nous faisions pour l’apporter tous les trois
Jusque dans la vallée dans un petit village
Où mieux qu’en Provence l’on boit et l’on festoie

Le soleil là-bas quand il s’éteint sur les capucines
Semble rendre au lilas le parfum d’une lointaine époque
Où les senteurs de roses que je vois qu’on imagine
S’envolaient par la mer comme l’encens d’un petit stock

Je voulais en marchant là-bas jusqu’aux hauteurs
D’une colline désertée voir Eole origine du vent
S’amuser en soufflant à étreindre les lueurs
Comme une artiste lors d’un voyage auparavant

Et comme nous étions réunis sous l’auspice de Krishna
Je rencontrai émerveillé ces mondes couverts de bleu
Et le jour tous les deux plutôt que de s’unir dans les draps
Nous faisions l’amour en rêvant dans les prairies du lieu

Magique par moments et quelque peu propice
Passait entre nous la fumée d’un chanvre léger
Qui dans l’esprit fait comme un ruisseau et puis glisse
A la manière des cerfs-volants dans un ciel d’été

Au quinze août alors que le soleil brillait pour nous
L’Italie des autochtones en chantant Bella Ciao
Est venue me rappeler en m’éloignant du courroux
Que cette terre était celle des partisans et non des toreros

Quand je quittai le pays si chaud de nombreux chants
Je passai par les vignes où m’attendait leur vigneron
Et emportai comme pour semer dans mon cœur en partant
Le sucre et le soleil de ces grains nobles et ronds

Alors parfois dans ma montagne quand l’avenir est à choisir
Et que je pense à l’hospitalité de cette terre chaleureuse
Je me dis que c’est une cité du sud que je vais choisir
Où le temps est plus long et les amours heureuses

Et où dorment les mômes quand s’invitent les étoiles
A veiller majestueusement sur les cœurs confondus
Quand les corps se confondent et les âmes se dévoilent
Avec les jolies filles qui dansent et n’ont rien d’ingénu

Oh l’Italie s’il m’était donné d’en conter l’histoire
Je parlerais des vignes et des musiques incroyables
Qui nous emportaient dans l’ivresse quand venait le soir
Et nous menaient en rêvant sur les plages de sable

Voyez-vous ma mémoire a encore dans ses tiroirs profonds
Ces soirées au son de la guitare où le vin nous était servi
Par les yeux enflammés de gens pauvres mais bons
Qui pour ma maladresse ont plaisanté et souri

Et si je dois oh clémence d’un avenir lointain
Revenir près de ces gens qui m’avaient accueilli
Alors avec moi j’aurai pris entre mes mains
De me souvenir que l’origine du voyage est bien ici.

jeudi 4 février 2010

Le Printemps arrive

Les dernières neiges annoncent les premières chimères
Et le soleil appelle déjà les crocus du printemps
D’ores et déjà on peut dire qu’est presque passé l’hiver
Et le printemps va venir nous enchanter magiquement

Les elfes des bois commencent à chanter et à rire
Et le soleil fait son retour pour des journées plus longues
Avec lui viennent de neuves histoires que nous allons lire
Et les chemins à venir ont une aura plus oblongue

L’affiche rouge aura été ma musique de cette fin de saison
Que Renan Luce et Thiéfaine ont faite moins ennuyeuse
C’est drôle comme sous la pluie la musique ouvre des horizons
Et rend les heures qui passent lourdement moins marécageuses

En tout cas la poésie aura été présente durant ces longues semaines
J’aurai lu Louis Aragon et René Char, Robert Desnos et Paul Éluard
Me préservant dans leurs vers de l’arrivée de la moindre haine
A moins qu’envers quelques politiciens j’aie eu quelques égards

Comme Baudelaire me parlait de l’ennui je m’ennuyais effectivement
Laissant derrière moi en passant la saison froide et le gel
Le si malveillant que l’on soit riche ou pauvre le cynique argent :
J’ai compris les méandres où mène cette non denrée cruelle

Et alors que la poésie m’apparaît parfois beaucoup trop douce
Je cherche les mots pour dire des choses un peu moins fades
Car à force de rimes croisées et embrassées je vois bien que je courrouce
Et parfois l’ardeur où devrait être ma jeunesse me laisse un peu en rade

Pour un retour sur prose, si je dois me rappeler des thèmes,
Il y eut Elsa, dont j’inventais le prénom, et aussi le Tibet et la guerre
De la guerre en tout cas j’aurais aimé à jamais faire l’anathème
Et d’Elsa si je le pouvais auquel on enlève le voile un féminin mystère

J’ai parlé de la neige, j’ai parlé d’un moulin et des philosophes
Sans savoir si cet Univers était tout à fait contemporain
Dans mes mots naissaient des tirets, des virgules et des apostrophes
Avec une langue dont les origines se trouvent dans le grec ou le latin

Alors, cherchant quelque part alentour la divine inspiration
Je vois mes doigts frapper les touches de ce drôle de clavier noir
Me demandant à venir quelle pourra bien être la prochaine passion
Après la voile et la mer, le ciel et les étoiles, et puis les histoires

Je vous laisse à la méditation lyrique d’un ciel bouddhiste ou païen
Que peut vous inspirer la lecture de mes papiers offerts
Et à la rêverie continentale d’un ciel invariablement marin
Que ne visitent à coup sûr ni les curés ni les militaires

Et comme se lève en moi la perspective d’un voyage chamanique
Que l’Auvergne en avril aura peut-être la bonté de m’offrir
Je laisse en moi voguer à leur guise de lointaines musiques
Que le Temps quelle que soit sont allure jamais ne laissera périr…

mardi 2 février 2010

La nuit passante

J’ai parfois rêvé d’un monde étrange
Où les hommes, le soir venu
Sont pareils à des astres, pareils à des anges
Et où les femmes festoient à demi nues

Lorsque je m’abandonnai à ces rêveries
Cupidon, que rien ne dérange
Avait des âmes qui le rhabillent
Dans les instants que parsemait l’étrange

Je voyais mille lumières dans l’horizon
Et chantais parfois aux coups de l’horloge
Un chant qui n’était ni funèbre ni oraison
Comme venait à mes pieds le moindre éloge

Dans une minute, qui passait silencieuse
Avec un ton monotone, comme apaisée
Je voyais ma muse, à peine capricieuse
Se laisser un instant, curieuse, embrasser

Alors les musiques douces et orientales
Comme un klaxon venu de l’est
Poussaient des chansons estivales
De Paris en Province, de Nice jusqu’à Brest

Alors, un peu timide et quelque peu perdu
Je soufflais sur le feu d’une bougie allumée
Me laissant dans l’ombre voir l’ingénue
Qui en entrant s’était laissée désarmer

Un jour, quand la fête fut finie
Et que les tambours battants, enfin estompés
S’étaient éteints endiablés, au milieu de la nuit
Je fus comme satisfait, enfin soulagé

Les lumières s’étaient éteintes
Et je restai alors, au milieu des coussins
Savourant l’ultime verre d’absinthe
Avec, et c’est peu dire, un regret dans les mains

Ma mie n’était venue, par miracle ou par magie
Danser avec moi, du crépuscule à l’aurore
Pour partager ensemble, amoureux, la féérie
Que pourtant depuis toujours, je présageai qu’elle adore

Ivre, heureux, solitaire, je quittai le lieu
Tenant mon allure, dans de funestes rues
Laissant sur moi, impatient, veiller les cieux
D’une déesse indolente, ni triste, ni déçue

Et alors que je regagnai ma demeure
Un ange est venu, près de ma portière
M’annoncer que pour l’heure
Seules étaient bienvenues, pour dormir, les prières.

vendredi 29 janvier 2010

Maquis

La lavandière connaît le soleil violet
Qu’un peintre peignait non loin de la Chine
Et c’est le seul que je connaissais

Sur les hauteurs de l’adret culminent
D’anciens maquis rendus aux terres arides
Mais leurs statues font fière mine

L’époque n’a pas pris une ride
Quand on la voit depuis Callian
L’un des pays d’un certain André Gide

Je sais que l’un d’eux en mourant
A fait des aveux à l’un de ses compagnons
Et puis il a continué de verser son sang

Ils étaient si loin des habitations
Occupées par des soldats dangereux
Qu’il est mort au combat sans oraison

C’était m’a-t-on dit le plus ingénieux
On perdait alors un atout important
Mais pour le reste ils sont restés silencieux

Qui l’avait tué c’était sûrement Satan
Le sol sec là-bas parle encore des fusils
Où les maquisards ne marchaient pas en rang

Et une fleur a poussé au lieu-dit
Où le résistant donna sa dernière respiration
Un dimanche et non un samedi

jeudi 28 janvier 2010

Printemps

Au génie des saisons
S’ajoute le printemps
Venu rendre la vie.

Au bord de l’horizon
Les oiseaux ont le temps
Et puis ils crient.

Les bourgeons se lient
Au soleil levant
Dans une parfaite communion.

Et le vent s’écrie
A chacun des instants
Qu’il a perdu sa raison.

Ensemble nous marchons
Fiers animistes
Sous les arbres blancs.

Les flocons à foison
De fleurs quittant la piste
S’envolent en riant.

Printemps rajeunit le sang
Et porte comme cadeau
D’adoucir les mœurs.

Alors vient le moment
De passer près du berceau
Et d’embrasser une fleur.

Elle était bien à l’heure
Dans ma vie comme une mésange
Elle a levé le voile.

Sous un parapluie de toile
Nous esquivons les aveux
Qui appelleraient l’orage.

Et plus tard sous les étoiles
Alors que nous sommes deux
Nous vivons une nouvelle page.

La saison est bien sage
Nous le sommes un peu moins
Quand les corps sont nus.

C’est l’histoire d’un roi mage
Et d’une amie des dauphins
Qui se sont reconnus.

A jamais je la croyais perdue
Mais elle m’a surpris un jour
A ne penser qu’à elle.

Son sourire est revenu
Comme pour me parler d’amour
C’est vraiment la plus belle.

Et j’ai goûté loin d’elle
A la cerise de ses joues
Et au satin de son cœur.

Jolie princesse éternelle
J’invente un peu ton retour
Pour ne plus que mes yeux pleurent.

Dans mes yeux une lueur
Trouver ton prénom et trouver ton adresse
Et deviner ton métier.

Mieux encore qu’un tailleur
Tu portais un jean et une veste
Je ne me souviens plus des souliers.

Si vraiment nous sommes liés
Cupidon doit le savoir
Mais où trouver ce drôle d’oiseau ?

Quand enfin je m’assieds
Près d’un joli lavoir
C’est pour un peu de repos.

Car au fond rien n’est plus beau
Que de te savoir vivante
Sous une fontaine de baisers.

Et d’imaginer dans la foule
Une complice aux ailes d’ange
Que connaissent les comètes.