lundi 19 mai 2008

Être et savoir

Tu sais les océans quand ils s’échappent
La violence de l’orage qui s’abat sur un baiser
Le sabbat du Gange où jouent les écoliers
Et la rose déposée qui colore la nappe

Tu sais les anges ces salauds d’anges qui bercent
Les petits diables les gentils petits diables heureux
Tu sais sa laideur maintenant que j’ai gagné la Perse
Comment je l’ai aimé et rêvé de ses yeux près du feu

Tu sais la mélancolie des ruisseaux le jour où tu pars
Sans un baiser rive gauche à peine sur la bouche beaucoup
Sur les lèvres un peu sous la douche beaucoup sur la rive
Et te dire des bisous et te faire des caresses à l’orfèvre

Tu sais l’énergie des passants qui sourient maintenant
Que l’Italie à raccompagné les rêves à la porte de notre exil
Où les savants alchimistes sourient comme avant
D’un simple remous dans l’étreinte ou d’une lettre facile

Tu sais les étés indiens se ramassent à la pèle
Tu sais qu’Anger et Niger à l’envers ça fait géant et génie
Au fond de tes yeux au bleu sucré comme le miel
Sous la maison sous le ciel et sous l’étoile sans vie

Qui pourtant ressuscite aux contours de notre nuit
Tu sais la blancheur du pain comme tes seins comme tes fesses
Et les cris qui soudain prennent Pise et l’abaissent
Quand Aladin de surprise te reprend te baise et te sourit

Tu sais l’appétit des déesses qui naguère s’attirèrent
La folie d’un désir incessant pour l’Elsa insoumise
Réalisant que dans ses bras arrivait mon mystère
Que jamais je ne leur donnai et que pourtant elles ont prises

Tu sais la fureur des dangers et la course au suicide
Où m’envoya l’étranger pour prendre la promise
D’un moins odieux qui sait l’histoire si fétide
De ce soir où la mort tutoya la traitrise

Tu sais la dernière lettre adressée au bourreau
Sans parjure sans humour mais ironie et colère
Qui le mit à l’offrande et trahit son berceau
Car né ce jour là il ne pouvait rester fier

Tu sais Aphrodite quand elle emporte nos souffrances
Et les présente à ses frères et réclame la pitance
Alors quelque part dans le jour et la vie
Quelque chose en nous renaît et le ciel applaudit

mercredi 14 mai 2008

Boules de paille

Auréoles aux anges
Mais l’enfant qu’on dérange
Cueille, picole, l’eau à fleur
Du temps, prairie, bonheur

Trésor si haut, mansarde allumée
Tarte au four, dérobée
Par ici mélusine, cocktail nourricier
Un morceau de pomme, un baiser

Paysage sans lune, soleil aux mains
Terre, herbe, croisés les orteils
Rouler, dévaler la colline
Enfin, tu arrives… nous roulons

Roulons, roulons, aux hymnes, aux chansons
L’enfant sifflote
Goûtes-y : framboise, cresson, citron
Au bord de nos rêves, au bord de la flotte

Ruisseau va disparaître son eau au bord de notre nuit
Divagations des océans qui rêvent de notre enfant
Ton jean sur les flots, roule en paradis
C’est vrai, la nuit est venue si discrète

Que je l’ai à peine aperçue
Un temps, l’étoile, picotements électriques
Lecture attentive : mémoire de nos transes
Qui nous parle, que lis-tu ?

Elle me répond, j’y crois à peine

Robe envolée, voie lactée
Qui dansent

Mais l’herbe sous nos pieds
Est glacée le vent
Souffle sous les fesses
Sans inquiétude, nous revoici

Et le feu qui crépite
Réchauffe nos oreilles
Nos deux sourires liés depuis les charnels interdits
Nous sommes amoureux : elle a les yeux rouges

Et je suis assis
Dans son icroyable prose
Où deux enfants près du feu
De foin et de bois

S'agitent au silence de la rose

dimanche 11 mai 2008

Le poème d'Elsa

Sauras-tu
Enfant étoile désir
Toucher le ciel
Passer le pire
Jardin céleste
Atteindre
Gagner
Franchir
Les longs couloirs du temps et de l’espace
Étoilés,
Parfois
Où j’attends sans toi
Où trépassent mes rêves d’horizon
Et les lumières roses bleues océanes rouges ouvertes
Sauras-tu toucher à ce livre
Des desseins outragés des enfants assoiffés
Assassinés perdus sans mères ou patrie
Sans fratries faciles
Ni destins sans exil
Ni destin simplement
La nuit et les orages où s’éteint
Toute vie comme avant
Tout paysage toute lune
Toute contrée magique,
Toute savante et toute musique...
Au souflle de Neptune
Sauras-tu...
Venir au bord de ce monde où l'aurore est noire
Mais l'espoir infini
Viendras-tu
Me reconnaîtras-tu
Dans ce dernier rayon de toi
Amoureux comme autrefois...
Seras-tu cet Aladin que prédisent
Les étoiles et maintes savantes en allées
Et l'enfant dans tes bras
Et mon coeur qui t'appartient
Entre tes mains de soldat du bien et du printemps
Seras-tu là, à mes côtés
Et nos rêves réussis
À côté d'Hélène et Nicolas
Seras-tu la quête enfin accomplie
Le jardin retrouvé
L'amour introuvable aux comissures de l'été
Et enfin tes doigts entre les miens
Ta bouche frottée à la mienne
Pour les baisers que ceci que cela
D'une belle que toujours revoilà
Sur l'herbe grillée de juin
Au ruisseau de toujours
Qui coule à ton chapeau
Et glisse entre mes seins
Seras-tu là, enfin
Et entre nous, petit couffin
L'enfant des rêves
Au nom de l'étreinte
De mille nuits sans draps
Et d'aucune sans toi
Seras-tu
Là où chacune de nos pensées paradise
L'ivresse et le soleil
De celle que je suis insoumise
Seras-tu comme le lyon apaisé
Ici pour les caresses et les baisers
Amant pour la jouissance
D'une éternité sans armées
Ni combats de ces marchands de mort
Accepteras-tu
Ce poème et son caractère
Où la rime est rare
Mais l'amour indélébile
Et les sentiments sans barrière
Irons-nous ensemble visiter
Les cités mirages reconstruites
À l'identique
Les îles du nord les îles du Sud et les glaciers
Quelques déserts quelques légendes
Et l'origine d'un nouveau monde
Entre l'étoile et le berceau angéliques
D'une nuit sans sommeil où ne peuvent exister
Que nos yeux ennivrés et deux corps assoifés

mardi 6 mai 2008

Été

Étoile sur la Tamise
Au jardin une muse
Et ses quelques cerises
Chante un air anarchiste
Le sourire au cosmos
Son corps contre l’arbuste
Après le mélange des draps
Et le froissement des corps
Parmi les pétales du jour
Dans une nuit où l’iris
Le crocus et la rose
Veillaient l’étoile
Et l’idylle chamane

samedi 3 mai 2008

Intrusion

Étoile
Enfant
Marées
Les océans chuchotent
Aux rives du pays leurs vagues
Océans enfants marées
À la Camargue des pensées
C’est la fuite des idées
Et le vol d’une nuit sans fin
Où l’étoile présente entre mes mains
Exhorte le religieux à me rendre
L’idylle d’une étoile
Les calligrammes d’une enfant
Les marées descendantes
Et tout ce que j'ai aimé
Gagné
Acquis
Rêvé au large des mondes
D'où Éluard légendaire
Poétisait l’amour
De mes lèvres à mappemonde
Sur les rives d'une sereine
Lucie
Ou métisse d'Avalon
Et l'exhorte à la fuite
Restitution par lui faite
De ces par-delà l'église
Précieux pareils à Léa, Marie, Élise
Amours sans opus,
Sans cantiques
Amours féériques,
Amours de la ruse...
Exotiques

mardi 29 avril 2008

Coupure

Sang d’alors qui coule
Sur la paume du fleuve
Sang de mauves qui coule
En pétales de petites fleurs

Sang d’étoiles sang qui coule
Sur l’écorce du hêtre aux lichens
Sang pervenche sang qui coule
Sur la rose et sur l’hymen

Et sous la rose de granit

dimanche 27 avril 2008

Le souhait sur le seuil

Comme l’étoile à peine entrevue
Et le corps céleste des brumes
Comme l’immortalité promise sur l’avenue
Et le verger qu’avril allume

Comme l’espoir que nourrit grivoise
La chamane blessée et guérie à la fois
Comme l’enfant nourrie d’armoises
Et l’aurore fragile dans les sous-bois

Comme la rue éclairée d’Histoire
Qu’enfant je parcourrai non pusillanime
Et que l’adulte animé d’un soir
A fait regagner dans l'infime abîme

Comme l’énarque féru d’errances
Dans une nuit fourrure du Temps
Nommé chef de la Résistance
Et qui le fut jusque dans le sang

Comme l’ascète ou bien l’Inuit
Maya, Inca ou autochtone d’Isis
Que l’égyptien d’alors habite
Du cœur au corps et à l’iris

J’irai sûrement gagner les plumes
De l’oreiller qu’élit Vénus
Jusque dans cette nuit d’écumes
Aux charmes bleuis de l'hibiscus